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Présentation A l’occasion de la journée mondiale de l’environnement et dans le cadre des activités de ATOMM (Association de Protection des Tortues Marines au Maroc) et de la Fondation Sigma , un séminaire (sur les espèces et les aires à protéger au nord du Maroc) sera organisé le vendredi 5 juin à la Faculté des sciences de Tetouan (Salle Layachi Imlahi).
 
ATOMM

Présentation


Les tortues marines sont des reptiles apparus dans les eaux du globe il y a plus de 100 millions d'années. Elles représentent une composante ancienne et importante de la biodiversité mondiale. Il y a sept espèces: la tortue verte (Chelonia mydas), la Couanne (Caretta caretta), la tortue à dossière plate (Natator depressus), la tortue à écailles (Eretmochelys imbricata), la tortue luth (Dermochelys coriacea), la tortue olive (Lepidochelys olivacea) et la tortue de Kemp (Lepidochelys kempi). Ces espèces ont une grande longévité et une diversité d'habitats au cours de leur cycle de vie qui les amène à effectuer d'importantes migrations. Ces caractéristiques les rendent particulièrement sensibles aux activités humaines (urbanisation, bycatch ou captures accidentelles, pollution,…). Abondantes dans le passé, toutes ces espèces sont aujourd'hui menacées et font l'objet de mesures de conservation à travers plusieurs conventions (Convention de Barcelone, 1976 ; Convention de Bonn, 1979 ; Convention de Bern, 1982 ; etc…).


Le Royaume du Maroc a un littoral de 3.446 kilomètres qui s'étend à la fois sur la Méditerranée et l’Océan Atlantique. Dans les années 50, des informations sur un nombre élevé de sites de ponte des tortues marines au sud Maroc ont été rapportées (Pasteur et Bons, 1960), mais des prospections récentes du littoral atlantique semblent malheureusement suggérer un déclin dramatique, et une disparition de la nidification sur ces côtes (Tiwari et al., 2000 ; Tiwari et al., 2006). Des carcasses et des carapaces des tortues pêchées accidentellement dans les filets ou échouées sont trouvés sur les plages. Des enquêtes auprès des pêcheurs ont rapporté qu'ils rencontrent régulièrement des tortues marines en mer et qu’ils en capturent fréquemment dans leurs filets de pêche (Tiwari et al., 2000). Cette région semble être un important habitat d’alimentation et de développement pour les juvéniles et les sub-adultes de la Caouanne (Caretta caretta), espèce la plus mentionnée par les zoologistes dans cette région (Tiwari et al., 2000). Des analyses génétiques préliminaires ont prouvé que la majorité des Caouannes ont des caractéristiques (haplotypes) propres au stock atlantique occidental indiquant que la capture accidentelle des tortues marines dans les eaux du nord ouest de l'Afrique a un impact sur la ponte des différentes populations de l'Océan atlantique en général. Les remontées des eaux profondes et riches en nutriments le long de la côte atlantique du Maroc font que cette zone est parmi les plus riches en ressources halieutiques dans le monde, et abrite une industrie de pêche très active. Actuellement, il n'y a aucune loi protégeant les tortues au Maroc. Ceci est dû au manque d'information suffisante (Moumni,1998). Des données sur le déclin de la ponte des Caouannes au Sud Est des Etats-Unis indiquent une réduction des effectifs de quelque 50 % dans les 10 dernières années (données non publiées de Florida Fish and Wildlife Conservation Commission),


Il est important de connaitre le déclin des sites de ponte au Maroc, établir une évaluation de la capture accidentelle par les pêcheries en mer, estimer l’importance des menaces visant les tortues marines dans l’est de l'Océan Atlantique afin d’assurer la survie et le rétablissement de plusieurs populations.


Depuis 1999, la spécialiste indo-américaine des tortues marines Manjula Tiwari, en collaboration avec l'université de Tetouan et l'Institut national de recherche halieutique, mène des prospections des plages de ponte, organise des ateliers de formation pour les pêcheurs dans les principaux ports, et coopère avec les pêcheurs pour collecter des données sur l’interaction des tortues marines avec les engins de pêche.


Au long de ses deux façades atlantiques et méditerranéennes, le Maroc abrite des zones de croissance ainsi que d’importants corridors de migration sur le détroit de Gibraltar. A l’instar des pays côtiers du monde entier, il y a aussi des menaces au Maroc notamment dans la pêche accidentelle et la pollution. La connaissance du statut des tortues marines (bycatch, échouages, régime alimentaire, utilisation, sensibilisation etc…) est essentielle pour toute proposition des mesures de conservation. L’association de protection des tortues marines au Maroc ou ATOMM, à travers ses activités et son plan d’action, vise à contribuer dans l’effort international de conservation des tortues marines au Maroc et préserver ce patrimoine mondial dont tous les pays riverains sont responsables.


Références bibliographiques :


Moumni, A. 1998. Maroc Rapport sur la mise en oeuvre au niveau national du plan d'action pour la conservation des tortues marines de Méditerranée. In: Réunion d'experts sur la mise en oeuvre du plan d'action pour la conservation des tortues marines de Méditerranée adopté dans le cadre du PAM. UNEP (OCA)/MED WG. 145/4. 52 53 pp.


Pasteur, G. & Bons, J. (1960) Catalogues des reptiles actuels du Maroc. Révision de formes d’Afrique, d’Europe, et d’Asie. Travaux de l’Institut Scientifique Chérifien Série Zoologique No. 21, 134 pp.


Tiwari, M., Moumni, A., Chfiri, H., & El Habouz, H. 2000. A report on sea turtle nesting activity in the Kingdom of Morocco and Western Sahara. B.C.G. Testudo 5:71-77.


Tiwari, M., Aksissou, M., Semmoumy, S., and Ouakka, K. 2006. Sea Turtle Surveys in Southern Morocco (Plage Blanche – Porto Rico) in July 2006. Report to the Institut National de Recherche Halieutique, Casablanca, Kingdom of Morocco.



ATOMM, Département de Biologie, Faculté des Sciences, BP 2121, Tétouan-Maroc
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